Romans


Ces images fantomatiques de livres ne sont pas que des leurres. Ces romans existent, sous forme de tapuscrits rangés dans les dossiers de mon ordinateur. Imprimés ou codés en binaire, ils vagabondent en quête d’une maison d’édition, d’une hôtesse, d’un hôte attentionné.


Alors, me direz-vous, pourquoi continuer d’écrire, si personne ne vous publie ?  Pour que le désir persiste et pour le plaisir de rester en vie ; pour ne pas mourir avant de mourir. La tentation du renoncement ne manque pourtant pas de se manifester.


Les écrivains, du moins ceux qui obtiennent un succès relatif — 500 à 2000 exemplaires vendus ? —, passent une partie de leur temps à rédiger des livres, l’autre à expliquer, tel un agent commercial, pourquoi et comment ils les ont produits. Je me console comme je peux : tant que personne n’édite mes textes, je suis dispensé de cette corvée.


Mûris, retouchés, si je m’écoutais, ces romans demeureraient sans cesse en chantier. Différents personnages, un nouveau récit, une approche singulière viennent me libérer de ce stupide enfermement. 


Au-delà des nombreux obstacles contingents, un texte recherche ce qui le nourrit, ce qui le sort de son coma et le maintient en vie : sa lectrice, son lecteur. Ces romans peuvent se transformer en PDF ou EPUB pour un oui, pour un nom. Le vôtre ?

Un triptyque dispersé (2013-2020)


Trois  romans, ou trois volets,  davantage variations que suites.


Il s’agit sans doute d’un jeu, mais les règles sont obscures. Les protagonistes se cachent sous de fausses identités, se jouent des uns des autres et vis-à-vis d’eux-mêmes.

L’amour de l’art et l’art de l’amour tourmentent, confondent, transforment Paul, Clara, Charles, Louise, Tristan… quels que soient leurs noms, et peu importe le sens que Tristan, Louise, Charles, Clara, Paul… donnent à ces verbes.

L’art ne suffit pas, l’amour non plus.

Si la mort est venue, l’amour a engendré un avenir.

De l’art, il reste trois peintures, les trois volets d’un triptyque dispersé.

Taillis de hêtres

volet gauche


Un artiste mondialisé fuit les faux semblants, l’hypocrisie de son travail, la violence de ses relations. Neuf ans plus tard, il écrit le récit de ce qu’il lui est arrivé depuis : l’apaisement avec lui-même, ses semblables et la nature, le renouveau possible de l’amour et de l’art. Alors qu’il refusait l’idée de la paternité, la naissance d’un fils le surprend en même temps qu’une douleur nouvelle, la mort d’un être aimé.

Amants, gisants

volet central


L’ancienne compagne d’un peintre, disparu sans laisser de traces, reçoit d’un éditeur la proposition d’écrire sa biographie. Avant d’accepter ou de décliner, elle se met à la recherche de témoins et s’oblige à voir de ses yeux les lieux qu’il a fréquentés. En trois mois, elle découvre un homme plus complexe encore que celui quitté une décennie et demie auparavant, effrayée de la passion qu’il lui portait, blessée par son refus d’être père, lasse de pénétrer son mystère.

Clairière sombre

volet droit


La narratrice rédige sa dernière lettre à un homme quitté il y a bien des années, un peintre qui a décidé d’arrêter de peindre, a disparu, puis s’est transformé, sous un autre nom, en écrivain. Elle se souvient de la première lettre écrite treize ans auparavant. Il était devenu un peintre reconnu, peut-être le dernier des grands peintres.

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________



Devenu très âgé, un ancien libraire est interné dans un hôpital pour avoir écrit un roman. La planète a été rendue propre, vertueuse et pacifique. Tout ce qui s’écrit, se dit ou se partage sur le réseau est soumis au contrôle instantané des algorithmes. Le papier est désormais interdit, mais une jeune femme en fabrique de petites feuilles en cachette. 

Après le traitement qui lui a ôté pour un temps la mémoire, le vieil homme tente de reconstituer son roman.

Une sale manie (2020-2023)

_________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

L’invention de Julie (en cours d’écriture)


Nées toutes les deux un 17 février, Giulia et Julie ont cinq siècles d’écart. L’une est sortie du ventre de Fiora Pietrocchi, Monna Scrivano, à Fiorenza ou Firenze, Florence. L’autre a été éjectée de l’utérus de Carole Dewitte, Mevrouw Staem, à ’s-Gravenhage ou Den Haag, La Haye. Julie ne dispose d’aucune trace fiable de l’existence de Giulia, excepté l’autoportrait découvert dans la chambre du grand-père le jour de ses funérailles. Et encore, il aurait fallu le faire expertiser. Avoir une filiation, même fictive, en parallèle à la sienne cautionne son invention. La vie de Giulia Scrivano se déroule essentiellement sous ses doigts. Julie la caresse du regard. Elle doit l’écrire, la faire vivre. Le temps presse. Dans cinq cents ans, qui racontera Julie Staem ?

Cliquez pour lire le chapitre 1 (actuel)

(à suivre)

© Jean pierre Morcrette  1966-  

01/01/2026